PROJET DE SOCIÉTÉ DE L’UPR

PRÉSENTATION DU DOCUMENT

Ce Document définit dans ses grandes lignes le Projet de Société que l’Union pour le Progrès et le Renouveau (U.P.R.) se propose de construire avec comme objectif ultime la satisfaction des aspirations profondes de tous les Guinéens au bien-être et comme moyen, la mise en valeur du riche potentiel national ainsi que la gestion saine des ressources humaines et matérielles du Pays.

Le Document est structuré ainsi qu’il suit:

  • Introduction:diagnostic sommaire de la situation actuelle et énoncé des principes et objectifs généraux de l’U.P.R.
  • Première Partie:Institutions et Administration
  • Définition d’objectifs sectoriels:Politique et Programme d’actions de l’U.P.R concernant les structures et fonctionnement de l’Exécutif, du Législatif et Judiciaire, ainsi que le Conseil Economique et Social.
  • Deuxième Partie:Politique Etrangère et Coopération
  • Enoncé des principes de base et des objectifs de l’UPR en matière de politique africaine et de coopération internationale.
  • Troisième Partie:Politique Economique
  • Définition d’objectifs sectoriels:Politique et Programme d’actions dans les différents secteurs de l’Economie nationale et des Finances.
  • Quatrième Partie:Politique Sociale et Culturelle
  • Définition d’objectifs sectoriels:Politique et Programme d’actions dans les différents secteurs du domaine social et culturel.
  • Conclusion

 INTRODUCTION

La prise du pouvoir par l’armée le 3 avril 1984 avait suscité un immense espoir au sein des populations guinéennes. En effet cette date marquait la fin d’une longue période de dictature, celle de la première République qui avait instauré très tôt, après l’accession de la Guinée à l’Indépendance le 2 octobre 1958, un régime totalitaire reposant sur un Parti Unique, le « Parti Etat ».

Conscientes de la soif de liberté des populations guinéennes, les autorités de la Deuxièmes République proclamèrent une politique de redressement national basée sur le libéralisme économique. C’est dans ce cadre que furent créés notamment les partis politiques et que furent organisées en Décembre 1993 les premières élections pluralistes en Guinée.

Cependant ces actions n’ont pas pu empêcher les dérapages qui ont suivi les déclarations prometteuses et généreuses de 1984. En fait, l’avènement d’une nouvelle ère en Janvier 1994 consacrée par l’investiture du Président de la République élu aux élections présidentielles controversées de Décembre 1993 allait précipiter la dégradation de l’Economie guinéenne ainsi que des conditions de vie des Guinéens au point de provoquer une mutinerie dans l’Armée les 2 et 3 février 1996. Cette situation obligea le Président de la République à procéder à un profond remaniement ministériel en juillet 1996 avec la nomination d’un Premier Ministre aux fins de favoriser la reprise du dialogue avec les institutions de Brettons Wood et leur soutien à l’action du nouveau Gouvernement.

Deux (2) ans après les perspectives restent encore tout aussi sombres.

L’unité nationale est aujourd’hui ébranlée par les tendances ethnocentriques et tribalistes du pouvoir tant dans la gestion quotidienne des affaires de l’Etat que dans celles des ressources humaines au sein de l’administration et de l’Armée.

La délinquance juvénile et la dépravation des mœurs se sont largement installées après que des milliers de jeunes et d’adultes aient été réduits au chômage.

Un climat d’insécurité pèse sur les personnes et les biens, aggravé par la carence de l’appareil judiciaire et l’indifférence de l’Autorité Politique et Administrative. Les graves événements qui sont survenus cette année à Kaporo-Rails à Conakry en sont une illustration éclatante.

La mauvaise gestion du pays, le népotisme et la corruption font partie des graves maux dont continue de souffrir notre Pays. Conséquence : excédés, les investisseurs privés hésitent, ralentissent leurs activités en attendant de voir venir, ou mettent la clé sous le paillasson et s’en vont.

La paysannerie qui constitue l’immense majorité de nos populations est aujourd’hui livrée à elle-même en dépit de l’aide importante reçue de l’extérieur en faveur de l’agriculture.

A cause de l’absence de stratégie pour le développement du Secteur Rural, celui-ci ne participe qu’à hauteur de 20% environ à la formation du P.I.B. et notre dépendance alimentaire vis à vis de l’Etranger est toujours considérable. Dans le domaine de l’industrie, les efforts de reprise industrielle se heurtent à l’insuffisance des infrastructures de base ainsi qu’à l’incertitude, voire l’hostilité du climat des investissements. La production d’électricité, malgré des efforts appréciables ressentis dans la capitale est encore très loin d’être suffisante. Avec ses 75 méga-watts, le barrage hydro-électrique de Garafiri aura une production juste suffisante pour satisfaire les besoins actuels de la capitale et ses environs.

D’une façon générale, les ratios concernant les consommations d’eau potable et d’électricité, les soins de santé primaire, la scolarisation et l’alphabétisation restent insuffisants en dépit d’une relative amélioration par rapport à 1993 lorsque le Rapport mondial du PNUD classait notre pays au dernier rang dans le monde pour l’Indicateur du Développement Humain (I.D.H.). Aujourd’hui encore, la Guinée fait partie des pays les plus pauvres au monde avec 40% environ de la population vivant en dessous du seuil de pauvreté absolue.

La principale cause de cette situation est la mauvaise gestion du pays sur tous les plans par une administration onéreuse, incompétente et irresponsable qui freine de façon délibérée l’épanouissement d’un secteur privé dynamique.

C’est partant de cette carence générale que notre Parti, l’Union pour le Progrès et le Renouveau (UPR) propose un Programme visant un changement radical dans la gestion du pays en vue de l’instauration d’un Etat de droit dans le progrès continu, la solidarité et la paix.

Ce programme s’articule autour des objectifs majeurs suivants pour les court et moyen termes.
– au plan politique, conquérir le pouvoir par la voie des urnes, à l’exclusion de toute forme de violence, aux fins d’instaurer une démocratie pluraliste authentique débouchant sur l’Etat de droit ;

– au plan administratif, procéder à la décentralisation administrative, ainsi qu’à des réformes institutionnelles et structurelles. Renforcer les institutions et responsabiliser les collectivités locales.

– au plan économique, mettre en œuvre un programme de réformes permettant une croissance durable en assurant tout à la fois la liberté d’entreprise et de la solidarité sociale.

– au plan social et culturel, développer une politique soucieuse des problèmes d’emploi, de santé, d’éducation et de formation ;

– aux plans africain et international, apporter une contribution effective à l’intégration économique sous régionale et régionale et œuvrer à la consolidation de l’unité africaine, de la solidarité internationale et de la paix.

Telle est dans ses grandes lignes la plate-forme autour de laquelle, l’Union pour le Progrès et le Renouveau appelle les Guinéennes et les Guinéens de toutes origines et de toutes conditions à se mobiliser dans un climat d’ouverture, de la fraternité et de tolérance.

Guidée par cette volonté de mobiliser tous les acteurs du développement, l’U.P.R. reconnaît et respecte les communautés constitutives de la Nation et s’engage à promouvoir résolument leur complémentarité, leur solidarité, leur unité réelle et profonde en bannissant les attitudes ethnocentristes et politiciennes. L’UPR entend conduire le Peuple de Guinée vers le développement dans une ère de liberté et de paix, par le dialogue et la tolérance. Bref, elle veut bâtir un Etat de droit garantissant le multipartisme politique, la libre expression et la transparence. Dans ce cadre, l’UPR considère comme essentiel le renforcement et la séparation des trois (3) pouvoirs : Exécutif, Législatif et Judiciaire aux fins de leur permettre de jouer pleinement et efficacement leurs rôles, au besoin par une révision de la loi Fondamentale.

La réalisation des objectifs constituant notre projet de société tel qu’exposé ci après implique des actions, principalement dans les domaines suivants:

– Institutions et Administration

– Politique étrangère et Coopération

– Politique Economique

– Politique sociale et culturelle

PREMIÈRE PARTIE: INSTITUTIONS ET ADMINISTRATION

La politique et le programme d’actions de l’UPR dans ce domaine concernant les structures fondamentales de l’Exécutif, du Législatif et du Judiciaire ainsi que le Conseil Economique et Social.

1- DE L’EXECUTIF:

Partisan résolu d’une démocratie pluraliste fondée sur la séparation des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire, l’UPR opte en faveur d’un régime de type présidentiel.

a-) Du Présidentiel de la République:

Bien qu’issu d’élections libres et présenté par un Parti, le Président de la République doit se mettre au dessus des Partis afin de pouvoir abriter la vie politique nationale et garantir la Constitution conformément au rôle qui lui est dévolu. Ce rôle est également de garantir l’unité nationale, la paix sociale, l’indépendance nationale et l’intégrité territoriale ainsi que le bon fonctionnement des institutions.

Le Président de la République est le Chef de l’Etat et des Armées et le détenteur du pouvoir exécutif.

b-) Du Gouvernement:

L’Etat sera dirigé par un Gouvernement agissant sous le contrôle de l’Assemblée Nationale. Le système politique fonctionnera sur la base du pluralisme démocratique. Et partant, l’UPR s’engage à n’utiliser que les mécanismes, les instruments et les ressources de la démocratie pour accéder au pouvoir à l’exclusion de toute forme de violence.

Pour permettre une meilleure expression de la démocratie, l’UPR, veillera à ce que les pouvoirs publics assurent le financement des partis politiques, conformément à la loi. Dans cet esprit, elle considère que les partis politiques qui constituent la majorité parlementaire forment le Gouvernement et dirigent le Pays, tant qu’ils bénéficient de la confiance de l’Assemblée Nationale et que la minorité joue pleinement son rôle d’opposition en usant de tous les moyens constitutionnels pour faire valoir son point de vue.

Le Gouvernement sera dirigé par un Premier Ministre. Dans ce cadre, l’UPR propose l’institutionnalisation du poste de Premier Ministre qui sera pourvu par le Parti majoritaire au Parlement et nommé par le Président de la République. Le Premier Ministre, Chef du Gouvernement propose à son tour les membres du Gouvernement parmi les personnalités reconnues pour leur compétence, leur intégrité, leur probité et leur respect pour la chose publique.

L’UPR retient comme objectif majeur l’instauration de la bonne gouvernance. Le Gouvernement aura entre autres les tâches ci-après pour lesquelles des actions approfondies seront développées :

– consolider et approfondir les bases de la démocratie,

– assainir la gestion des affaires en imposant la rigueur et la transparence

– protéger le citoyen et ses biens contre toute forme d’arbitraire ;

– assurer la transparence et la cohésion dans l’action gouvernementale

– bâtir et animer une Administration efficace véritablement tournée vers le développement et le service public, œuvrer à cette fin à la formation d’administrateurs qualifiés issus de grandes Ecoles spécialisées, telles que l’ENA ;

– décentraliser les pouvoirs en faveur des collectivités qui devront disposer de ressources et de moyens conséquents ;

– assurer le contrôle régulier des agents des services financiers et des administrateurs des crédits, récompenser les méritants et sanctionner les défaillants et indélicats,

– imposer l’utilisation rationnelle du patrimoine national et des ressources de l’Etat ;

– assurer l’information régulière des citoyens sur les décisions du pouvoir central ;

– assurer la gestion rationnelle et transparente des ressources humaines par la prise en compte de critères objectifs, tels la compétence, l’intégrité morale et la probité dans la nomination des cadres à tous les niveaux et, principalement la promotion des hauts fonctionnaires.

c-) De l’Administration:

Dans ce domaine l’UPR poursuit les objectifs suivants qui impliquent la mise en œuvre d’un programme d’actions comportant notamment :

– une décentralisation effective par le renforcement des collectivités locales grâce à une dotation substantielle de ressources et une plus grande autonomie de gestion ;

– la démocratisation des institutions locales notamment par l’élection des Présidents de District et CRD et l’institution de conseils élus au niveau des structures décentralisées (quartier/districts, CRD et communes urbaines, Préfectures et Régions) ;

– la protection des citoyens et de leurs biens ;

– la participation des citoyens à la gestion des affaires des localités à travers leurs représentants librement élus ;

– un rôle plus actif des Gouvernorats dans le contrôle et la coordination des actions économiques au niveau des Régions Naturelles ;

L’UPR attache une grande importance au développement des ONG et autres associations de producteurs, de consommateurs, de parents d’élèves, etc.…

Une réforme radicale se développera en direction de la déconcentration et de la décentralisation administratives qui implique la participation des populations à tous les niveaux.

La décentralisation est une dimension essentielle de la démocratie et de la participation du Peuple au développement national. Elle implique cependant une redéfinition des fonctions administratives centrales en recentrant celles-ci sur leurs véritables missions, à savoir impulser, encadrer, contrôler, évaluer les activités et non agir ou gérer à la place des opérateurs économiques.

Il faudra renforcer l’Administration déconcentrée pour lui permettre de jouer pleinement son rôle.

L’UPR examinera le découpage actuel du territoire national et au besoin le redéfinira en évitant les conflits de compétence avec comme objectif essentiel, une meilleure régionalisation de l’action économique.

Les populations guinéennes définiront librement les structures qui sont les plus susceptibles de respecter leurs identités et favoriser la mise en œuvre de leurs aspirations légitimes au développement économique, social et culturel.

d-) De la Sécurité:

La situation actuelle est caractérisée par la recrudescence de la criminalité, du banditisme, du vol et autres travers sociaux. Dans le cadre de la sécurité, le programme d’actions de l’UPR visera principalement:

– l’adaptation des forces de sécurité à l’Etat de droit notamment en renforçant les effectifs, en assurant une formation de qualité, en améliorant leurs conditions de travail et en modernisant leurs équipements;

– l’application du principe de séparation des domaines pénal et judiciaire en respectant les différents corps de sécurité, leur identité et leurs attributions ;

– le renforcement de la formation civique et morale des agents des services afin de leur permettre d’accomplir correctement leur mission

– la lutte contre les travers sociaux, etc…

– la création et la modernisation de centres de rééducation et de formation professionnelle ;

– la réhabilitation du service de Gardes des Eaux et Forêts et celui des sapeurs-pompiers.

e-) De la défense:

L’UPR estime que l’Armée doit être à l’avant-garde dans la sauvegarde de l’honneur national et de l’intégrité du territoire.

A ce titre, elle estime indispensable

– de créer une Armée dépolitisée, garante de la défense du territoire et de la souveraineté ;

– d’entretenir la discipline au sein des Forces Armées qui doivent donner l’exemple de civisme, de responsabilité et de patriotisme à tous les citoyen ;

– de doter les Forces Armées en équipements nécessaires à l’accomplissement de leur mission ;

– de faire participer l’Armée à l’œuvre de développement économique et social ;

– d’adopter le service militaire obligatoire pour les jeunes ayant terminé leurs études supérieures. L’Armée Guinéenne ne volera au secours de dictatures étrangères en perdition.

Elle ne franchira les frontières nationales que pour défendre des causes justes dûment constatées par la Nation et après l’accord de ses représentants élus ;

– d’organiser un service civique national.

2- DU LEGISLATIF

L’UPR milite pour une Assemblée Nationale uni camérale dont les membres sont élus au suffrage universel direct. C’est une institution indispensable pour permettre aux citoyens de désigner leurs représentants et de participer ainsi par leur intermédiaire au contrôle de l’action gouvernementale.

La mission du Parlement se situe à plusieurs niveaux:

– vote des lois, examens et ratification des conventions, traités et accords internationaux

– contrôle de l’Exécutif

– information du citoyen.

Le Pouvoir de légiférer appartient aux élus du Peuple et doit couvrir tous les domaines importants concernant la vie de la Nation. Il faut donc réduire au minimum les délégations à l’Exécutif, lui permettant de légiférer par ordonnance.

3- DU JUDICIAIRE

L’environnement juridique actuel de l’activité économique en Guinée est caractérisé dans une large mesure par l’insécurité juridique et l’insécurité judiciaire qui sont de nature à décourager les investisseurs.

Pour remédier à cette situation, l’UPR envisage de mettre en œuvre un programme d’actions devant déboucher sur l’indépendance réelle du pouvoir judiciaire et la restauration de la crédibilité du corps judiciaire. Dans ce cadre des actions seront développées pour rendre le cadre judiciaire plus performant par l’accroissement de la compétence des magistrats et autres agents judiciaires et assimilés, au moyen de leur formation continue et leur spécialisation, tant en droit qu’en matière de déontologie. Il s’agira en plus d’accroître leur indépendance grâce à une politique conséquente, de revalorisation de leurs traitements et salaires.

Tous les citoyens seront égaux devant la loi. Il s’agira notamment d’instaurer :

– une justice efficace et humaine, morale, démocratique et éducative, proche du citoyen ;

– la fermeté et la rigueur dans l’application des textes, la mise en œuvre des décisions de justice y compris celles mettant en cause la responsabilité de l’Etat ;

– le droit de défense pour le citoyen ;

– la protection du citoyen et de ses biens et la garantie de l’existence des voies de recours contre les décisions de l’Administration. Dans ce cadre et pour plus d’efficacité, l’UPR envisage le remplacement de la Cour Suprême par les trois (3) institutions suivantes:

– un Conseil Constitutionnel

– une Cour de cassation

– une Cour des Comptes

Les membres de ces institutions seront désignés paritairement par l’Exécutif, le Législatif et le Judiciaire.

4- DU CONSEIL ECONOMIQUE ET SOCIAL

L’UPR œuvrera au renforcement du rôle du Conseil Economique et Social. Cette institution à caractère consultatif doit donner son avis sur les projets de textes importants à caractère économique et social. Il comprend les partenaires sociaux et l’Etat et doit être à ce titre l’émanation des organismes respectifs de la vie économique et sociale de la Nation.

DEUXIÈME PARTIE: POLITIQUE ECONOMIQUE

A deux reprises au cours de son histoire récente, le peuple de Guinée a eu l’occasion de nourrir l’espoir légitime et fondé d’une amélioration effective de ses conditions de vie.

Mais pour des raisons différentes, cet espoir, né le 2 octobre 1958 et le 3 avril 1984 a été déçu.

Aujourd’hui, le vent de la démocratie qui souffle sur la Guinée après avoir causé tant de bouleversements à l’Est, remet fondamentalement en cause les systèmes économiques et les programmes de développement des Etats africains.

En Guinée, les bilans économiques des régimes qui ont gouverné le pays depuis 1958 mènent à un constat d’échec.

C’est pourquoi l’UPR fait de son programme économique la pierre angulaire de sa politique générale.

Notre politique économique et financière doit être celle d’un Etat libéral décidée à encadrer et aider toutes les filles et tous les fils du pays, en les stimulant à prendre courageusement en mains leur destin, pour entreprendre, créer, innover aussi bien en matière de production agricole, minière et industrielle que dans les domaines du commerce, des banques et des finances, de l’hôtellerie et du tourisme, etc.…

Notre Gouvernement veillera à ce que l’Etat et l’Administration à tous les niveaux soient à la disposition des capitaines d’industrie audacieux sans lesquels il est illusoire d’espérer sortir du sous-développement.

Les autorités politiques et administratives doivent tout mettre en œuvre en vue d’aider et de favoriser la nécessaire adaptation des Hommes d’affaires guinéens aux réalités, aux techniques et au fonctionnement du marché international. L’Etat doit non seulement contribuer à la restauration des branches d’activités déjà existantes dans le pays, mais aider les secteurs économiques nationaux à développer des produits capables de satisfaire les besoins du marché intérieur et d’affronter la compétition internationale. Conquérir de nouveaux marchés, trouver de nouveaux créneaux, développer des produits de substitution aux importations, tels sont les leitmotivs autour desquels l’Etat et le secteur privé doivent coopérer, se concerter et agir à l’unisson dans l’intérêt bien compris de la Nation entière.

1-) Des objectifs généraux

Le programme économique de l’UPR se fonde particulièrement sur la nécessité:

– de renforcer les bases de la société libérale, en permettant à l’individu d’exercer l’activité de son choix dans le cadre des lois et règlements en vigueur et lui garantissant son droit inaliénable à la propriété et à la pleine jouissance du fruit de son travail

– d’établir une société juste et solidaire qui, grâce à l’accroissement continu de la production et une plus juste répartition du produit, permet de réduire les profondes inégalités et assure à chaque citoyen la possibilité de s’épanouir pleinement

– d’entretenir au sein de la société un climat de confiance et de participation responsable de tous les agents du développement (producteurs, marchands, cadres, consommateurs, etc.…)

– d’adopter une planification souple et indicative assortie de mesures d’incitation devant permettre d’orienter l’économie dans l’intérêt général (producteurs, consommateurs…)

D’une façon générale, la politique économique de l’UPR sera axée sur:

– Le rétablissement des équilibres macro-économiques et l’accroissement des investissements productifs

– La lutte contre le sous-développement dans tous ses aspects en vue d’élever constamment le niveau et la qualité de vie des populations

– La lutte contre le chômage

– La réduction des disparités régionales par la mise en œuvre de programmes appropriés d’aménagement du territoire et le développement des échanges inter-régionaux

– La valorisation et la stabilisation de la monnaie ;

– Le développement des secteurs énergétiques et hydraulique ;

– Le développement des secteurs de l’éducation et de la santé ;

– Le développement des infrastructures de base (communication et télécommunications) ;

– l’assainissement des finances publiques et le développement des institutions de crédit ;

– le soutien et le renforcement des institutions d’appui au secteur privé

– l’intensification des échanges interafricains, plus particulièrement au sein de la CEDEAO ;

– la mise en place de grands ensembles économiques et l’insertion dans l’économie mondiale.

Les activités de production et de commerce seront exercées essentiellement par le secteur privé guinéen et étranger, tandis que l’intervention de l’Etat ne s’avèrera nécessaire que pour régler et corriger les effets pervers du système par le biais d’une politique budgétaire, monétaire, fiscale et sociale appropriée et pour pallier l’absence ou la carence du secteur privé dans les domaines jugés stratégiques ou sensibles.

2-) Objectifs sectoriels et moyens d’action:

Les textes actuels régissant les divers secteurs économiques devront être revus et corrigés en vue de leur adaptation et de leur réelle mise en œuvre pour atteindre les objectifs visés dans les meilleures conditions possibles.

2-1 Secteur rural

La priorité sera accordée au secteur rural en tant que base du développement, ce secteur occupant en effet la majeure partie des populations de notre pays. Dans ce cadre, il doit être entrepris un diagnostic sérieux de la situation du monde rural pour une relance vigoureuse du secteur.

a-) En matière d’agriculture

L’UPR s’attellera au développement:

– des cultures vivrières pour atteindre dans les plus brefs délais possibles l’autosuffisance alimentaire

– des cultures industrielles pour l’approvisionnement des usines,

– des cultures d’exportation dont la qualité et le prix doivent pouvoir permettre un meilleur positionnement sur les marchés extérieurs.

Pour ce faire, il sera nécessaire de procéder à une organisation du monde paysan lui assurant plus d’initiatives et de responsabilités dans la conception et l’exécution de ses tâches avec l’appui technique et matériel de l’Etat dans :

– l’acquisition et l’utilisation du matériel à traction animale et autres petits matériels agricoles simples

– les aménagements hydro agricoles et l’irrigation à petite et moyenne échelle:

– l’approvisionnement en intrants

– la vulgarisation des techniques de préparation d’engrais organiques

– l’amélioration et l’extension des pistes rurales et la disponibilité de l’eau potable et des centres de santé

– l’intégration du monde rural au système économique national par le développement des échanges avec les villes, le développement des marchés et des systèmes de stockage dans les grands secteurs ruraux

– l’amélioration du système de crédit rural

– l’aide à la modernisation de l’habitat rural

– la transition progressive de l’économie de subsistance vers une agriculture moderne grâce à

– la vulgarisation des résultats de la recherche

– la transformation sur place des produits agricoles

– l’incitation au retour à la terre

– l’encouragement des moyennes et grandes exploitations agricoles privées.

b-) En matière d’élevage:

Un soutien effectif et permanent sera apporté aux petits éleveurs ainsi qu’un encouragement aux moyennes et grandes exploitations afin de protéger et développer le cheptel. De nouvelles races plus productives seront introduites et la race locale sera améliorée.

C-) En matière de pêche

Il s’agira:

– d’assister et d’encadre la pêche artisanale dont de nombreux pêcheurs tirent leurs revenus et qui reste une source importante d’approvisionnement de nos villes en poisson ;

– de développer la pisciculture et la pêche semi-industrielle tout en protégeant les réserves halieutiques contre une exploitation abusive ou illicite ;

– d’accroître la capacité de distribution et de stockage des poissons à l’intérieur du pays.

d-) En matière des eaux et forêts

Des actions seront développées aux fins de:

– de sauvegarder les ressources naturelles par une réglementation et une surveillance stricte de l’exploitation forestière ;

– organiser et soutenir la reforestation (création de pépinières et forêts communautaires) par l’exécution d’un programme national et l’organisation des journées de l’arbre impliquent toutes les populations ;

– redynamiser le Service de Garde des Eaux et Forêts ;

– sensibiliser les populations sur la protection des forêts, etc.…

2-2 Industrie, Petites et Moyennes Entreprises

L’objectif fondamental dans ce secteur reste la relance et la diversification de la production industrielle.

Il s’agira tout d’évaluer l’état actuel de l’industrie guinéenne en vue d’apporter les corrections nécessaires au schéma directeur de développement industriel (1991), avec comme finalité la valorisation intégrale des ressources naturelles et matières premières du pays.

La réalisation de ce programme implique la définition d’étapes intermédiaires avec comme objectifs:

– de créer des emplois ;

– de conquérir le marché intérieur et accroître la part des produits guinéens sur les marchés étrangers notamment africains ;

– d’accroître la valeur ajoutée de la production nationale ;

– d’assurer la promotion de la technologie industrielle et de la recherche ;

– de rendre plus dense le tissu industriel national en l’intégrant à la sous-région ;

– de contribuer au maintien de l’équilibre régional ;

– de créer la complémentarité et la sous-traitance entre les différents sous secteurs.

Grâce à un travail de sélection d’opportunités, les étapes futures du développement industriel seront mises en oeuvre à partir d’un programme d’identification de projets porteurs par filière.

Dans ce cadre, l’UPR propose l’incitation des promoteurs guinéens et étrangers à la réalisation des infrastructures industrielles en donnant la priorité:

– aux industries à haute intensité de main d’œuvre ;

– aux industries transformant les matières premières locales (agro-industries) et aux industries de construction.

Certaines industries pourraient bénéficier au démarrage et ce, pour une période donnée d’une forme appropriée de protection à des conditions à déterminer (qualité et coût de production) afin de ne pas pénaliser les consommateurs.

Pour atteindre ces objectifs, l’UPR propose de développer des actions visant:

– l’amélioration de la fourniture d’énergie électrique à bon marché par la construction de centrales hydro-électriques de petites et moyennes dimensions ;

– l’encouragement des guinéens au regroupement en sociétés viables et la formation d’entrepreneurs nationaux modernes ;

– la création d’institutions de financement du développement et l’instauration d’une bonne politique de crédit pour soutenir le développement des PME/PMI;

 

– l’examen critique de l’ensemble des dispositions d’ordre institutionnel et réglementaire existant et l’accroissement de l’efficacité de la Chambre de Commerce et d’Industrie ;

– l’élaboration de mesures d’accompagnement et d’appui supplémentaire afin de permettre une meilleure promotion du secteur privé et son implication dans la politique industrielle ainsi que sa participation effective à la conception et au développement industriel du pays.

Un accent particulier sera mis sur le développement des PME/PMI, de l’artisanat et secteur informel en tant qu’importants créateurs d’emplois et pourvoyeurs de produits manufacturés courants à bon marché.

2-3-Mines et Géologie

Le secteur minier guinéen n’est guère au maximum de ses possibilités. Face à cette situation, l’UPR se fixe comme objectifs :

– de promouvoir l’adaptation du cadre juridique minier aux besoins d’un développement fondé sur le libéralisme économique et l’investissement privé

– de créer un environnement infrastructurel incitatif grâce à une participation conséquente de l’Etat ;

– de poursuivre et intensifier les programmes de recherche minière et pétrolière ;

– de diversifier la production minière ;

– de développer une politique de transformation sur place dans le but de créer davantage d’emplois, d’élever le niveau des compétences nationales et de favoriser d’importants aménagements du territoire national.

2-4 Energie

Conscient que sans énergie (eau, électricité), il ne saurait y avoir de développement, l’UPR accordera une priorité particulière à ce secteur. Le plan directeur sera examiné dans ce sens.

a-) Energie traditionnelle

Pour remédier à la pénurie actuelle, il importe de développer le programme d’aménagement hydroélectrique, en particulier de poursuivre l’équipement des autres sites du Konkouré après Garafiri, en relation avec le développement du projet d’implantation d’une usine d’électrolyse en Guinée.

Sur une plus petite échelle, le programme de l’UPR vise:

– la réalisation de mini-centrales pour l’électrification à bon marché des Préfectures et la satisfaction des besoins des petites industries locales

– la construction de microcentrales pour l’électrification rurale à moyen et long terme et en liaison avec l’industrialisation,

l’Etat devra rechercher et mettre en œuvre les moyens pour la construction de centrales hydro-électriques avec un réseau interconnecté permettant l’alimentation en électricité des grands centres urbains et des zones industrielles.

b-) Hydraulique urbaine et rurale

Il est nécessaire d’accélérer et d’étendre la mise en œuvre du programme comportant la création d’un réseau d’assainissement urbain aux fins de satisfaire les besoins des populations des villes en eau potable en toute saison.

En zone rurale aider également à l’accès à l’eau potable et développer les actions permettant la maîtrise de l’eau et l’irrigation.

c-) Sources et Technologies des énergies renouvelables:

Notre pays dispose d’un important gisement solaire, de ressources en biomasse bien réparties sur le territoire national. La stratégie en matière de promotion de cette forme d’énergie consiste à poursuivre les recherches fondamentales en cours, tout en mettant l’accent sur les applications. Dans cet ordre d’idées, l’UPR oeuvrera à la réalisation des actions suivantes :

– développer les activités dans la construction, l’expérimentation et l’utilisation d’installations solaires (chauffe-eau, séchoirs, générateurs photovoltaïques) ;

– sensibiliser les opérateurs économiques en vue de la commercialisation des produits des technologies des énergies renouvelables ;

– développer l’utilisation des générateurs photovoltaïques pour l’alimentation en énergie électrique des zones isolées, des centres de santé et écoles rurales, des relais de télécommunications ;

– développer l’utilisation de l’énergie.

2-5-Infrastructure et Equipements

L’Union Pour le Progrès et le Renouveau entend opérer une réorganisation plus dynamique et plus efficace du système des infrastructures et équipements grâce à des programmes cohérents à court, moyen et long termes couvrant de manière progressive et harmonieuse l’ensemble du territoire national.

a-) Développer les infrastructures de transport et dans ce cadre:

– étendre le réseau routier aux fins de désenclaver les CRD et les districts sur toute l’étendue du territoire national

– réhabiliter la voie ferrée Conakry-Kankan et poursuivre la recherche du financement en relation avec les Autorités Maliennes pour son prolongement jusqu’à Bamako

– revêtir de bitume les circuits routiers des capitales régionales et les liaisons inter-régionales

– aménager les ports secondaires le long de la façade maritime et de certains cours d’eau

– trouver les moyens financiers suffisants pour un entretien permanent de toutes les infrastructures des transports.

b-) Soutenir par les moyens appropriés les différents modes de transports en vue d’en faire de véritables outils du développement et dans ce cadre

– assurer un service de transport ferroviaire reliant la capitale à sa haute banlieue

– assurer un service de transport urbain à Conakry à coût modéré

– promouvoir le cabotage national et sous-régional ainsi que le transport fluvial

– appliquer une politique réaliste du coût du carburant à la pompe.

2-6 Urbanisme et habitat

Instaurer une politique rationnelle d’urbanisme et de l’Habitat et dans ce cadre:

– réviser le schéma directeur d’urbanisme de la capitale Conakry et l’appliquer dans le respect des dispositions légales

– faciliter l’obtention des titres fonciers

– instaurer une politique de crédit à l’Habitat

2-7 Commerce

Il s’agira:

– d’intensifier les échanges intérieurs en favorisant la consommation des produits locaux ;

– d’augmenter le volume des exportations par l’accroissement de la production et de la productivité et l’amélioration de la qualité des produits agricoles et manufacturés ;

– d’accroître les performances de la Chambre de Commerce.

2-8 Environnement:

Il s’agira d’élaborer et de mettre en œuvre des politiques appropriées pour assurer la pérennité des éco-systèmes en évitant la surexploitation des forêts et des sols, les surpâturages, la dégradation des ressources en eau, les feux de brousse, les nuisances liées aux déchets toxiques, etc…

2-9 Tourisme et Artisanat

La Guinée recèle d’appréciables potentialités touristiques qui peuvent constituer un important pôle de développement socio-économique en générant des devises et des emplois.

Dans ce cadre, il s’agira de favoriser le développement du tourisme en l’intégrant harmonieusement au milieu culturel.

A cet effet, il faudra notamment:

– intéresser et encourager les opérateurs économiques au secteur touristique ;

– aménager les sites inventoriés ;

– développer l’hôtellerie et les activités qui s’y rattachent ;

– encourager la création de centres culturels et sportifs.

Riche et varié, l’artisanat qui fournit près de 40% de la production manufacturière, occupe environ 10% de la population, contribue à la sédentarisation des populations et constitue la base d’expansion de petites et moyennes entreprises (PME), mérite notre attention. Dans ce domaine, l’UPR envisage de développer une politique nationale de l’artisanat avec une structure apte à le dynamiser et en faire un appui à l’industrie touristique et au développement des PME en milieu rural tout en contribuant à l’amélioration de sa productivité et de sa production ainsi que des conditions de travail.

2-10 Monnaie-Finances-Fiscalités

a-) Monnaie

Avant d’être un signe permettant d’effectuer des payements libératoires, la monnaie d’un pays est d’abord le reflet de ses capacités de production et d’échange. Or, à ce niveau, aucun Etat africain ne peut dans l’état actuel des choses, se prévaloir d’une monnaie saine et solide à plus forte raison la Guinée dont la monnaie a connu bien des vicissitudes depuis sa création, le 1er mai 1960. Compte tenu de cette situation due aussi bien à l’exiguïté du marché intérieur qu’à la mauvaise gestion, nous entendons nous engager résolument vers une zone monétaire étendue à l’ensemble de la CEDEAO en un ensemble économique viable par la taille de sa population.

En attendant la réalisation de cet objectif, la Guinée doit mener une sérieuse réflexion pour cerner tous les aspects touchant au système monétaire actuel afin d’adopter la solution la plus conforme aux intérêts nationaux et aux nécessités des échanges internationaux.

Par ailleurs, le système bancaire actuel issu des réformes de 1986 n’a pas donné les résultats escomptés.

Les banques commerciales ont gelé les dépôts, privant l’économie nationale d’importants fonds d’investissement.

Il s’agira pour l’UPR de renforcer le rôle de facilitateur du développement économique de la Banque Centrale (BCRG) en vue de promouvoir l’épargne et le crédit.

b-) Fiscalité

Jusqu’ici les gouvernements qui se sont succédés à la tête du pays se sont avérés incapables d’organiser une administration fiscale fiable.

Les mentalités fondées sur les passe-droits, la corruption et les tricheries privent l’Etat d’une part importante des ressources fiscales potentielles.

L’UPR mettra tout en œuvre pour qu’on en finisse au plus vite avec ces pratiques surannées, afin d’installer à la place d’un régime fiscale moderne, équitable, simple et applicable à tous les citoyens sur l’ensemble du territoire national.

L’assiette de l’impôt sera établie tout à la fois en fonction des revenus des personnes physiques et morales et des priorités en matière de développement.

C’est dire que les réformes fiscales auxquelles nous entendons procéder s’inspireront de la nécessaire justice sociale et de l’impérieux besoin de l’Etat de trouver des recettes indispensables en vue de financer le développement du pays.

c-) Finances Gestion Macro-économique

Dans ce domaine des Finances et de la gestion macro-économique, l’UPR se propose de:

– lutter contre la corruption pour assurer le respect de la chose publique ;

– procéder à une allocation judicieuse des ressources financières et à leur bonne gestion ;

– appliquer des mesures adéquates pour la mobilisation maximum des ressources de l’Etat (droits de douane, taxes et impôts divers)

– maîtriser l’inflation ;

– améliorer la balance commerciale et accroître les réserves de change de la banque centrale ;

– adopter une politique monétaire capable de stabiliser la monnaie et de donner confiance aux opérateurs économiques ;

– adopter une politique d’endettement susceptible d’assurer l’exploitation rationnelle de nos richesses naturelles et de restaurer la crédibilité du pays ;

– renforcer la coopération avec les institutions de financement du développement et la poursuite des programmes d’ajustement structurel en prenant mieux en compte leur dimension sociale ;

– assurer la participation du système des assurances au financement des secteurs sociaux et productifs ;

– diversifier les activités du système bancaire tout en menant une politique saine et dynamique de crédit ;

– améliorer la capacité de la gestion macro-économique et de la programmation des investissements ;

– rationaliser la coopération technique afin de la rendre plus efficace, plus adaptée et moins onéreuse.

 TROISIÈME PARTIE: POLITIQUE SOCIALE ET CULTURELLE

L’UPR met l’homme au centre de ses préoccupations et considère que la première richesse d’une nation, ce sont ses ressources humaines valorisées par la santé, l’éducation, la formation, la culture et le travail.

1-) Education

De l’Education et de la formation des hommes et des femmes de Guinée, dépend la capacité de la Nation Guinéenne à (de )mettre en valeur ses ressources et ses talents, à vaincre la misère et la maladie, et à faire son entrée dans la modernité.

Les objectifs de l’UPR dans ce domaine prioritaire sont:

– favoriser à travers l’enseignement tant public que privé, la scolarisation effective de tous les enfants en âge d’aller à l’école, une priorité absolue étant accordée aux filles

– l’éducation doit mettre l’accent sur la réussite de l’apprentissage ouvrant la voie à un métier et un emploi, qualifiant l’acquisition des connaissances, la formation du jugement, du raisonnement et le respect des valeurs humanistes et l’épanouissement de l’individu

– les programmes scolaires devront trouver un juste équilibre entre les besoins de développer la culture générale des élèves et des étudiants et la nécessité de former des travailleurs, des techniciens, des ingénieurs et des cadres aptes à contribuer au développement et à la construction nationale.

1-1 Politique éducative de l’UPR

La stratégie consistera à subordonner toute croissance de l’appareil éducatif à un réaménagement profond du système, à son amélioration qualitative, à une corrélation avec les besoins du monde du travail. Une telle priorité conférée au secteur de l’éducation doit se traduire par une volonté politique de dégager les moyens financiers nécessaires et d’associer le secteur privé. A cet égard, l’Etat devra assurer le soutien à l’enseignement privé par toutes les mesures appropriées, y compris les subventions.

1-2 Priorité à l’Enseignement élémentaire

Les objectifs poursuivis dans le cadre de cette priorité comportent notamment:
– L’amélioration des infrastructures scolaires

– L’approvisionnement adéquat en matériels et fournitures scolaires

– La revalorisation de la fonction enseignante par l’amélioration des conditions de travail, des traitements et de la formation initiale et continue des maîtres.

En tout état de cause, il s’agit de mettre en place une structure offrant la possibilité aux jeunes guinéens d’accéder, à la suite d’échec scolaire, par l’option à la formation professionnelle à travers des institutions spécialisées. L’UPR se propose de compléter la création de tels centres de formation à la in de chaque cycle d’enseignement.

L’UPR mettra tout en œuvre pour développer le sous-système de l’enseignement technique et professionnel par:

– l’octroi de crédits nécessaires ;

– la diversification des institutions de formation en fonction des besoins de l’économie nationale ;

– la rénovation et l’équipement des établissements existants ;

– la formation des formateurs.

1-3 l’Alphabétisation

L’alphabétisation des adultes dans le cadre de l’apprentissage ou de l’exercice du métier peut ouvrir des horizons nouveaux aux populations urbaines et rurales et améliorer leur savoir et savoir-faire à travers l’acquisition de connaissances en matière de santé, de nutrition, de technique agricoles et d’autres domaines de l’économie, de la société et de la culture guinéenne. Dans ce cadre, l’alphabétisation dans les langues nationales sera encouragée et valorisée.

L’UPR engagera résolument la lutte pour une véritable promotion et une véritable valorisation des langues nationales, en tant que langues de culture, et en tant que support de l’alphabétisation pour le développement.

1-4 L’Enseignement supérieur

Moyen d’approvisionnement de la science et de la technique au plus haut niveau, facteur essentiel de développement économique et socio-culturel, l’enseignement supérieur constitue un attribut de souveraineté pour chaque Etat.

La restructuration, la revalorisation et la dynamisation de l’enseignement supérieur en Guinée demeurent liées à la résolution des questions suivantes:

a-) Création de structure d’orientation au niveau des institutions d’enseignement dont l’implantation à travers le pays doit s’effectuer de façon équilibrée, en spécialisant autant que possible les régions. Diversifications des filières de l’enseignement supérieur;

b-) Adhésion de la Guinée aux conventions de la sous-région;

c-) Qualification des personnels et valorisation des ressources humaines;

d-) Création progressive des structures devant assurer la formation post-graduée sur place;

e-) Intégration de l’université aux réalités guinéennes par une meilleure identification par celle-ci des tendances actuelles de la politique, de l’économie et de la culture nationale;

f-) rendre effective l’autonomie de gestion de l’enseignement supérieur;

1-5 Recherche scientifique et technique

Dans ce domaine, l’UPR cherchera à:

– promouvoir et développer une recherche scientifique nationale qui soit réellement au service des différents secteurs de la vie nationale ;

– adapter au mieux les programmes d’enseignement supérieur et les projets de recherche aux besoins de développer du pays ;

– développer des programmes de recherche appliquée susceptible d’améliorer rapidement les conditions de vie et de travail des populations guinéennes, particulièrement celles rurales et féminines ;

– favoriser la diffusion des résultats de la recherche ;

– favoriser la création de grandes écoles ainsi que d’institutions de recherche à vocation sous régionale ;

– valoriser en Guinée des techniques simples adaptées aux conditions socio-culturelles et écologiques du pays ;

– mettre en œuvre le plan de Lagos, recommandant notamment aux Etats signataires d’accorder 1% de leur PNB à la promotion de la science et de la technique ;

– rendre effective l’autonomie de gestion de la recherche scientifique.

2-) Femmes et Enfants:

– respecter la dignité de la femme

– assurer l’égalité des droits et de devoirs entre l’homme et la femme

– soulager la femme du fardeau des tâches domestiques notamment par la création de crèches et de garderies d’enfants, de cantines, l’usage de nouvelles sources d’énergie pour la cuisson, d moulins à céréales, de fontaines publiques, etc…

– encourager la création de centres de promotion et de formations féminines

– développer l’intégration de la femme au processus de développement socio-économique du pays, et assurer une (sa) plus large responsabilisation dans toutes les sphères de décision ;

– encourager le planning familial ;

– promouvoir l’éducation sanitaire au service de l’enfant et l’assainissement du milieu ;

– promouvoir les droits de l’enfant.

3-) Santé, sécurité et solidarité sociales:
La politique de la santé reposera sur la prévention. L’hôpital public et le secteur privé, (cliniques privées : plus adéquat) concourront dans un cadre organisé, à l’accomplissement de leurs missions, la santé pour tous. A cette fin, une politique de développement des équipements et du médicament sera définie par le corps médical, l’Etat et les collectivités locales.

Un système national de protection sociale sera développé. Les droits des personnes âgées, des retraités seront renforcés et fixés par la loi. Des structures et d’assistance aux personnes handicapées ou déshéritées et aux personnes âgées seront mises en place. Des centres de formation pour déshérités et handicapés seront créés.

Une grande politique du logement et de l’habitat permettra d’atténuer les difficultés que rencontrent les ménages, en particulier les jeunes. Des dispositions particulières seront prises pour développer les services de proximité (garderie, crèches, etc…)

L’UPR envisage de:

– dégager les moyens nécessaires à la restauration, l’équipement et à l’extension des formations sanitaires existantes ;

– aider à la qualification du personnel médical et accroître sa motivation par une amélioration de sa condition ;

– renforcer la politique nationale de santé en vue d’atteindre rapidement l’objectif de santé pour tous ;

– renforcer la santé publique et l’hygiène du milieu pour enrayer la recrudescence de certaines endémies d’antan qui avaient disparues ;

– contribuer à la création de centres spécialisés de soins, de CHU équipés et encourager la formation post-universitaire spécialisée et qualifiée ;

– doter à moyen terme (en centres hospitaliers modernes) ;

– chacune des cinq (5) communes de Conakry ;
– chacune des capitales régionales ;

Afin de réduire les évacuations sanitaires:

– encourager la production sur place des médicaments de grande consommation à travers des PMI (petites et moyennes industries) ainsi que la recherche sur l’utilisation des plantes médicinales ;

– soutenir la politique de planning familial et renforcer la protection maternelle et infantile ;

– encourager et renforcer l’exercice privé de la médecine à travers tout le pays ;

– engager une lutte contre le sous-emploi et le chômage particulièrement au niveau des jeunes par une assistance au secteur informel et au développement des PME/PMI.

L’UPR considère les petites et moyennes entreprises comme une des solutions au problème de l’emploi. Aussi, leur promotion sera-t-elle une de nos préoccupations majeurs par:

– la constitution d’un fonds de développement des PME/PMI ;

– l’aide à l’élaboration de projets, de leur suivi et de leur gestion ;

– la formation de gestionnaires compétents et modernes pour assurer la compétitivité des PME et leur permettre d’obtenir des contrats de sous-traitance notamment dans les domaines des travaux publics, urbanismes, construction, etc… ;

Toutes ces actions et d’autres s’effectueront dans un cadre institutionnalisé de concertation permanente entre l’Etat, employés, employeurs afin de rechercher les meilleures solutions possibles.

L’UPR s’attachera à:
– définir et mettre en place une politique salariale incitative (SMIC et plan de carrière) ;

– favoriser l’association libre et volontaire des travailleurs en vue de la défense de leurs droits ;

– aider à la réinsertion sociale des handicapés ;

– assurer une meilleure répartition du revenu national et moraliser la vie publique ;

– mettre en œuvre une nouvelle politique de sécurité sociale pour une meilleure protection des travailleurs ;

– recenser les cadres guinéens de haut niveau où qu’ils se trouvent en vue de leur utilisation sur une base contractuelle afin d’atténuer le poids de l’assistance technique étrangère, et ce, en concertation avec les différents bailleurs de fonds ;

– promouvoir une politique adéquate d’insertion et de participation de nos compatriotes encore à l’étranger.

5-) Art et Culture

La politique culturelle est l’autre versant d’une politique éducative au sens large. La Guinée rassemble en une synthèse harmonieuse les traits culturels fondamentaux de l’Afrique toute entière.

Les objectifs et les moyens d’une politique culturelle en vue de valoriser les trésors et les immenses potentialités culturelles guinéennes, seront définis par l’Etat.

Cette politique se définira en étroite consultation avec les associations et les personnalités des milieux culturels en vue d’éviter tout dirigisme culturel. L’Etat apportera son aide à la création mais en aucun cas n’en influencera le contenu, ni par la censure, ni par des directives.

La décentralisation des responsabilités et des activités permettra de transférer les véritables pouvoirs culturels aux régions, aux préfectures et aux communes. Toutefois, dans tous les domaines, théâtre, cinéma, édition, production audiovisuelle, disque, peinture, sculpture, l’Etat encouragera la création d’œuvres nouvelles grâce à des aides directes ou indirectes aux artistes, aux écrivains et aux organismes qui diffusent les œuvres dans les différentes disciplines artistiques.

Pour l’UPR, il s’agira de:

– d’encourager les artistes par la création d’écoles et de troupes artistiques et promouvoir l’émulation par l’organisation des journées artistiques ;

– favoriser la création des maisons d’éditions, de bibliothèques et centres de documentation ;

– faciliter la création littéraire par l’organisation de concours ;

– faciliter l’implantation de maisons de disques et protéger nos productions artistiques ;

– contribuer à la création de centres de loisirs et l’aménagement de sites touristiques intégrant les traditions culturelles guinéennes ;

– promouvoir le cinéma africain dans le cadre sous-régional.

6-) Information et Communication

Dans ce domaine, l’UPR s’attachera à développer notamment les actions suivantes:

– promouvoir une vraie culture de la communication de façon à ce que le devoir d’informer du gouvernement aille de pair avec le droit à l’information du citoyen ;

– préparer le pays à bénéficier pleinement et efficacement des bienfaits des nouvelles technologies de l’information et des communications ;

– initier et mettre en œuvre les lois portant régime juridique de la presse écrite, de la communication audiovisuelle, des journalistes des secteurs privés et publics ;

– appliquer la loi portant libéralisation de la radio et de la télévision ;

– assurer un accès équitable aux média d’Etat à toutes les sensibilités politiques, intellectuelles et culturelles du pays ;

– assister la presse privée et l’industrie du livre.

7-) Jeunesse et Sport

a-) Sport:
Il est tout aussi important de redéfinir le rôle et la place du sport dans l’éducation formelle à l’école et dans la vie.

Dans ce domaine, l’Etat doit jouer son rôle d’aide au développement de toutes les disciplines sportives, inciter le plus grand nombre de citoyens de tous les âges à la pratique sportive, développer les infrastructures sportives dans chaque province et préfecture, créer des institutions sportives pour assurer la formation des athlètes, des sportifs et leur encadrement administratif au plan national. La violence dans le sport sera combattue par tous les moyens.

Au niveau sous régional, régional et international, sera conduite une politique sportive, conforme à l’idéal olympique, de coopération et de paix entre les peuples et les nations.

Pour l’UPR, il s’agira de:

– promouvoir la pratique de tous les sports particulièrement l’athlétisme et les sports de masse ;

– encourager les sports scolaires et universitaires ;

– construire des stades, des terrains et autres aires de jeu en milieu rural

à moyen terme, construire un palais de sport à Conakry et des stades modernes dans les chefs-lieux des régions.

b-) Concernant la Jeunesse

La politique éducative, culturelle et sportive est avant tout dédiée à la jeunesse guinéenne qui en est la bénéficiaire privilégiée. Mais pour nous, la jeunesse est d’abord un partenaire dans la définition et la mise en œuvre de notre politique globale de développement économique, social et culturel. La jeunesse guinéenne, dont la maturité et le sens des responsabilités sont attestés, doit se prendre en charge pour se défendre à la fois contre la démagogie et le paternalisme, mais aussi contre les agressions des marchands de la maladie et la mort.

Une jeunesse saine, éduquée, responsable sera l’alliée respectée de notre Parti, qui la placera aux avant-postes du combat pour promouvoir une plus grande responsabilisation de ses cadres.

Pour ce faire, l’UPR s’emploiera à:

– donner aux jeunes l’éducation et la formation nécessaire à leur épanouissement ;

– privilégier l’emploi des jeunes par la création d’un fonds spécial ;

– encadrer la jeunesse en créant un environnement sain.

 QUATRIÈME PARTIE: POLITIQUE ÉTRANGÈRE ET COOPÉRATION

Le principe de base de notre politique extérieure sera le dialogue, la paix, la solidarité et la coopération dans le respect des souverainetés. Conformément à ce principe, l’UPR œuvrera pour le respect de la Charte des Nations Unies et les principes régissant les rapports entre Etats afin de contribuer à la stabilité dans le monde, au triomphe de la justice et du droit des peuples à disposer d’eux mêmes, à l’instauration de la solidarité internationale et de la paix.

Dans ce cadre l’UPR s’emploiera à réanimer et à redéployer notre diplomatie pour l’adapter aux exigences de développement du pays et de la situation internationale qui a subi bien de mutations depuis l’avènement de la Deuxième république, marqué notamment par la fin de la Guerre Froide.

Au plan africain, l’UPR est convaincu que nos Etats ne peuvent surmonter les difficultés économiques, politiques, sociales et culturelles qu’à l’intérieur de grands ensembles pouvant offrir des marchés ouverts sur de grands espaces. C’est pourquoi l’intégration économique et politique de l’Afrique de l’Ouest dans le cadre de la CEDEAO sera l’une des priorités de notre Politique Africaine. La base de cette politique sera le dialogue dans le règlement des conflits et le principe de bon voisinage.

Parallèlement à cette action, notre politique étrangère s’attachera également à sensibiliser les personnes, gouvernants, institutions, entreprises ou fondations susceptibles de contribuer d’une façon ou d’une autre à notre combat contre le sous développement par la mise à disposition des moyens humains, technologiques et financiers indispensables en vue de promouvoir le développement économique et social du Pays.

Autant dire que pour réaliser ces exigences aux plans africain et international, la Guinée a besoin d’un corps diplomatique compétent, patriote, ouvert sur le monde extérieur et d’une expérience confirmée, capable de transformer nos ambassades à l’étranger en autant de centres de développement des échanges commerciaux et des investissements étrangers publics ou privés en faveur de la Guinée.

Notre programme fait appel à tous les hommes et femmes de constituer un tel corps diplomatique.

CONCLUSION 

La réalisation de l’important programme qui constitue notre projet de société tel qu’exposé dans ce document suppose nécessairement:

a-) le rétablissement de la confiance des citoyens envers le gouvernement qui doit, à cet effet leur donner l’espoir de changer leur situation en leur indiquant clairement les objectifs à atteindre en recherchant le plus large consensus possible sur les réformes indispensables à entreprendre

b-) le rehaussement de la crédibilité externe du pays afin d’attirer les investisseurs étrangers.

L’UPR est parfaitement consciente de l’état désastreux de la situation économique actuelle. Cependant, elle s’estime capable de réaliser son programme, grâce à sa volonté politique et sa capacité de mobiliser toutes les ressources matérielles et les énergies créatrices des Guinéens.

Sa politique économique se veut réaliste et pragmatique afin de produire des effets bénéfiques sur la vie quotidienne des Guinéens, par le choix judicieux des projets et l’utilisation rationnelle des ressources.

Elle s’appuiera d’abord sur les efforts des Guinéens eux-mêmes, dans la mystique du travail et nécessitera une large coopération avec tous les pays et les institutions financières internationales dont la Banque Mondiale et le FMI. Concernant la coopération avec ces institutions, l’UPR estime qu’en dépit des nuances dans sa conception et son application, l’ajustement structurel est incontournable et devra être poursuivi, mais avec une dimension plus humaine prenant en compte les objectifs sociaux du développement.

La Guinée est un beau pays, gratifié par la nature d’immenses richesses potentielles. Le paradoxe est que son peuple reste et demeure pauvre. A ce scandale géologique, tant clamé, correspond donc un scandale politique.

Ceci ne peut plus durer. Le peuple de Guinée doit définitivement se prendre en charge et exercer le pouvoir dont il est le seul dépositaire. Notre Parti se dédie à cette exaltante tâche en vue de l’avènement de la démocratie en Guinée:

– démocratie politique pour et par l’exercice direct du pouvoir à tous les échelons

– Démocratie économique pour et par une gestion rigoureuse et une répartition équitable des richesses produites

– Démocratie culturelles, pour et par la pratique des activités culturelles et l’accès par tous aux biens culturels.

Nous optons résolument pour la démocratie intégrale comme méthode pratique, moyen et fin de notre projet de société.

Le programme ci dessus esquissé ne se veut ni une liste de revendications catégorielles, ni un catalogue de promesses démagogiques, mais une approche, une profession de foi, pour fixer des repères et baliser les chemins de l’avenir.

C’est surtout une large plate-forme, un espace d’union ouvert à l’expression de tous les Guinéens, afin de leur permettre de conjuguer harmonieusement leurs différences dans la perspective de leur développement solidaire.